C’est de l’extrémisme

Quand on frappe son enfant, c’est de l’extrémisme.

Quand on fait exploser un bus avec des gens dedans, c’est de l’extrémisme.

Quand on kidnappe des adolescentes, on les terrorise et on demande une rançon, c’est de l’extrémisme.

Quand on lance des bombes sur la tête des civils, c’est de l’extrémisme.

Quand on fait travailler des gens 12h, 15h par jour dans des conditions misérables et pour un travail de misère, c’est de l’extrémisme.

Quand on tabasse des gens parce qu’ils sont homos, c’est de l’extrémisme.

Quand on viole, c’est de l’extrémisme.

Quand on transperce le corps d’un taureau vivant sous les applaudissements des assoiffés de sang, c’est de l’extrémisme.

Quand on chasse une biche et qu’on lui met une balle dans la tête, c’est de l’extrémisme.

Quand on gave des canards à tel point que leur foie fait 10 fois sa taille normale et qu’on les égorge, c’est de l’extrémisme.

Quand on frappe ou tue des gens parce qu’ils ont une autre couleur de peau, c’est de l’extrémisme.

Quand on broie vivants des milliards de poussins mâles parce qu’ils sont inutiles à l’industrie des œufs, c’est de l’extrémisme.

Quand on kidnappe le bébé d’une vache et qu’on la rackette du lait qui était destiné à son bébé, c’est de l’extrémisme.

En gros, quand on fait du mal à des innocents, c’est de l’extrémisme.

Mais quand on veut, comme le veut le véganisme, vivre autant que possible sans nuire à qui que ce soit, ce n’est pas de l’extrémisme, c’est de la cohérence, c’est de l’éthique, c’est de la compassion, c’est du respect, c’est de l’altruisme, c’est de la maturité. Le véganisme c’est justement l’opposé de l’extrémisme car l’extrémisme consiste à nuire à des êtres pour notre plaisir et dans notre intérêt !

Ce que révèle l’affaire de la chair morte de cheval

L’affaire de la chair morte de cheval (plus couramment appelée par l’euphémisme « viande » de cheval) révèle, certes, le caractère mafieux et profondément manipulateur de l’industrie exploitant les animaux. Mais cela n’est pas étonnant. En effet, qui pourrait imaginer qu’une industrie qui torture et tue des milliards d’êtres sentients (doués de sensations psychologiques et physiologiques) pour des banales raisons pécuniaires, détruit l’environnement, détruit la santé des citoyens et plombe les finances publiques serait autre chose qu’un vaste réseaux de crime organisé ? Personne sauf ceux qui aiment se laisser manipuler. Une industrie esclavagiste et criminelle est capable par définition de tout. Mentir sur l’origine de la chair morte de cheval n’est qu’un détail comparé au reste.

Non, ce que révèle vraiment cette affaire c’est le spécisme (faire une hiérarchie de valeur entre les espèces animales) fondamental de tout un pays, de toute une civilisation. « Manger du cadavre de cheval ? Oh non, quelle horreur ! ». « Manger du cadavre de vache ? Bah oui, c’est trop bon la vache ! » (enfin, son cadavre découpé en morceaux et joliment emballé). Si la chair de cheval a choqué la sensibilité sélective des citoyens ce n’est pas parce qu’elle serait dégoûtante en elle-même mais seulement parce que les citoyens sont plus attachés aux chevaux qu’aux vaches. Car, d’un point de vue objectif, tout le monde en convient, un cheval ou une vache sont égaux face à la souffrance et à la mort. Nous nous sommes indignés, encore une fois, non pas pour le mal fait en notre nom mais parce que nous avons été trompés et parce que nos sentiments ont été ébranlés. Rien à faire des chevaux, au fond. Comme des vaches d’ailleurs.

En quoi, d’un point de vue objectif (c’est à dire privé d’intérêts et sentiments personnels) une vache a-t-elle moins de valeur inhérente qu’un cheval ? N’a-t-elle pas mal aussi ? N’a-t-elle pas une conscience aussi ? N’a-t-elle pas des bébés pour la pleurer ? Les vaches sont des animaux sentients, tout comme les chevaux. Elles ne veulent pas être exploitées et tuées et nos habitudes culturelles leurs sont indifférentes. Ce qu’elles savent c’est si on leur fait du mal ou pas et non la charge symbolique qu’elles et les chevaux représentent pour nous qui ne regardons pas plus loin que le bout de notre nez.

Ce qui est choquant ce ne sont pas les mensonges d’une industrie dont la manipulation est la nature même. Ce qui est choquant c’est cette facilité avec laquelle presque tous les citoyens acceptent comme « normal » le fait d’exploiter et tuer les vaches. On observe ainsi les ravages de la propagande spéciste à cause de laquelle cet aveuglement discriminatoire (vache oui, cheval non !) est passé presque inaperçu.

Les vaches veulent vivre, tout autant que les chevaux. Ni plus, ni moins. Et tous ces animaux en ont le droit. Notre devoir n’est pas de les discriminer mais de les protéger de ceux qui les massacrent. Ou du moins de ne pas financer ces derniers.

Le vrai sens des mots – la viande