L’albatros et les végans

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid!
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

L’albatros, Baudelaire

Végans, vous sentez-vous comme cet albatros, difficilement acceptés et compris par le monde ? Sentez-vous la difficulté d’exprimer votre être dans un monde qui refuse la différence, dans un monde qui aime le conformisme ? Avez-vous du mal à marcher aisément parmi les pensées et les préjugéss les plus bas ? Sentez-vous le regard incrédule et insistant de ceux qui n’arrivent pas à prendre de la hauteur? Alors ne désespérez pas et rappelez-vous le mot de Churchill “Vous avez des ennemis ? Très bien. Cela veut dire que, une fois dans votre vie, vous avez fermement pris position pour quelque chose.”

Il faut élever les idées que la plupart ont sur ce monde et ensuite vous pourrez vous y sentir à l’aise.

Pour Élisabeth de Fontenay

Cet article, que j’ai voulu mettre en commentaire à l’interview que vous avez donnée au Point) n’a bien sûr pas été publié par cet hebdomadaire liberticide et publicitaire. Mais je ne vais pas m’en étonner quand même. Sûrement vous ne lirez jamais cet article mais si le miracle devait arriver, je voudrais que vous ne preniez pas les attaques pour vous même. Non, je n’écris pas pour vous, personnellement, il n’y a aucune raison pour que je le fasse. Je vous prends seulement en exemple car vous êtes connue dans le domaine de la philosophie animale et cela pour de bonnes raison. Mais vous ne cessez pas, pour autant, d’être l’exemple même d’une philosophie sophiste et absolument inutile (voire complice du système dominant). Philosophie, nul besoin de le dire, tellement étroite car créée par une humaine pour les humains. Adieu la décentralisation, bonjour la tentative de confirmer la supériorité de l’homme. Enfin, voilà l’article :

Encore une qui mange l’objet de sa compassion…Sûrement, madame, les animaux vous remercieront pour vos livres très documentés. D’ailleurs,  j’ai entendu que 15% des animaux les ont déjà lus et appréciés…Vos mots doux leur vont droit au cœur. Vous rassurez leur conscience et leur estime  d’eux-mêmes… Ils l’ont dit, c’est ce dont ils ont le plus besoin : de mots, plein, plein de gentils mots ! Il y en a même qui sont tués (électrocution,  égorgement etc) avec vos livres à la main ! Si ce n’est pas beau ça ! Vous devez en être extrêmement fière madame !

Certes, il y a des médisants et des jaloux qui disent que parler, parler, parler sans RIEN faire de ce qu’on dit est, au mieux, contradictoire, au pire hypocrite ! Mais vous ne les écoutez pas (encore heureux d’ailleurs !). Vous ne savez et ne devez écouter que les cris des animaux quand ils se font tuer, car à ce moment ils vous appellent, vous, pour leur dire des mots gentils et pour les rassurer que vous les mangerez avec respect ! Comme ça ils pourront mourir en paix grâce à vous ! Que feraient-ils sans l’assurance de votre amour posthume ? Mourir sans espoir est bien la pire des choses ! Mais là, quand ils savent que leurs dépouilles mortelles rassasieront votre royal estomac, ils sont même pressés d’y arriver. Pour vous remercier, bien sûr.

« Je ne récuse pas la domination mais la chosification » oui, certes, que vous êtes sage ! C’est sûr que tuer un animal pour se goinfrer de son cadavre c’est le traiter comme une fin en soi ! Mais, laissez-moi deviner, vous ne vous goinfrez pas, ça ne siérait pas bien à votre aristocrate bouche, vous dégustez avec art…Là est toute la différence !


« Non, je ne suis pas végétarienne, sans pour autant m’en vanter. » Sans blague ! Il ne manquerait plus que ça ! Vous n’êtes pas végétarienne et encore moins végane, ce qui devrait être le but de n’importe quel défenseur et amoureux des animaux et de la justice.

Bel exemple de savoir creux, d’accumulation de connaissances sans accumulation de sensibilité, de compréhension et ouverture d’esprit.


« Science sans conscience ruine de l’âme ». Mais non !!! Pardi ! Je n’ai pas affirmé que les animaux avaient une âme, je n’oserais pas offenser le genre humain, surtout pas ! Soit-dit en passant, vos discours et vos actes sont, à eux seuls, une offense au genre humain tel qu’il devrait être ! Mais ils sont monnaie courante au genre humain tel qu’il est ! Vous êtes commune, d’autant plus commune que vous vous croyez différente, d’autant plus commune que votre savoir vous oblige à un comportement meilleur et ne vous donne aucune excuse de ne pas l’adopter.

S’engager

« Selon moi le véganisme est la forme la plus haute d’activisme que quelqu’un pourrait adopter. »

« Le véganisme est la seule réponse cohérente à l’idée que les animaux font partie de la communauté morale. »

« Le véganisme est un pas nécessaire sur la route vers l’Ahimsa (non-violence). »  Gary Francione

Devenez végan. C’est facile. C’est mieux pour vous, pour la planète et, plus important encore, c’est la chose juste à faire.


L’enfer et le paradis

Un guerrier voulut un jour aller dans le monde pour comprendre ce qu’étaient le paradis et l’enfer. Après quelques semaines de recherches infructueuses, il voit un vieil homme en train de méditer sous un arbre. Le guerrier lui dit d’un ton peu aimable : « Vieil homme, apprends moi ce que sont le paradis et l’enfer ! » Mais il reste sans réponse. Il réitère sa demande, d’un ton assez violent : « Eh ! vieux bouseux apprends moi ce que sont le paradis et l’enfer ! » Mais toujours aucune réponse. A ce moment le guerrier est hors de lui, lève le sabre et crie : « Vieux salopard je vais te couper en deux !!! » et juste au moment de baisser le sabre pour tuer le vieux, celui-ci dit calmement: « C’est cela l’enfer. » Ces paroles figent le guerrier qui, peu de temps après, laisse le sabre tomber, se met à genoux, pleure et  implore de toutes ses forces le vieux de le pardonner. A quoi ce dernier répond : « Et cela, c’est le paradis. »

Maintenant, regardez attentivement  la première vidéo et de 2min40 jusqu’à 3min08 pour la deuxième.